Dans notre langage courant, nous attribuons souvent le succès à la « chance”, un peu comme nous croyons qu’un bambou porte-bonheur peut provoquer la nôtre : un événement heureux qui semble surgir par hasard, sans explication apparente. :
« Cet étudiant est chanceux, il a reçu une bourse ! »
« Cette entrepreneure a vraiment de la chance, son entreprise explose ! »
Pourtant, cette lecture ne reflète qu’une partie de la réalité. Derrière ce que plusieurs appellent « chance », on trouve souvent une combinaison de préparation, d’efforts constants, de réflexion et de clarté.
En vérité, le succès n’est pas un hasard :
il naît lorsque la préparation rencontre une opportunité.
Opportunités, menaces et événements : tout dépend de notre posture
Dans la définition du mot chance, on retrouve l’idée d’événement. En entrepreneuriat, un même événement peut être perçu soit comme une opportunité, soit comme une menace. La différence ne réside pas dans l’événement lui-même, mais dans notre niveau de préparation au moment où il survient.
- Sans ressources, sans information ou sans vision : l’événement peut nous fragiliser.
- Avec les compétences, l’anticipation et la lucidité nécessaires : il devient une occasion à saisir.
Ainsi, ce que l’on appelle « chance » pourrait simplement être notre capacité à reconnaître, interpréter et exploiter ce qui arrive, grâce à un travail intérieur et extérieur déjà accompli.
Quand la préparation devient un facteur déterminant
Témoin, lors d’un panel auquel participait une entrepreneure, récipiendaire de l’un des prix Cap sur ma nouvelle entreprise RBC dévoilés chaque année par Futurpreneur, elle a rappelé avec force une vérité que beaucoup sous-estiment lorsqu’ils d’entreprendre:
« Tout entrepreneur doit se préparer et faire son devoir de maison avant de se lancer.»
Cette affirmation résonne profondément, car elle révèle une dimension essentielle du succès : il repose sur un travail méthodique, beaucoup moins visible que le résultat final.
Se préparer, c’est :
- développer des compétences,
- comprendre son environnement,
- renforcer son réseau,
- travailler son attitude,
- identifier ses forces et ses limites,
- et, point crucial souvent oublié, échanger ses idées avec d’autres.
Discuter, mentorer, accompagner, confronter nos perspectives à celles d’autrui fait aussi partie de notre préparation. C’est une manière puissante de nous remettre en question, d’affiner notre pensée, d’évoluer. Préparer quelqu’un d’autre, c’est souvent se préparer soi-même.
La vraie nature du succès
Si l’on observe uniquement le moment où les choses fonctionnent, on peut croire à la chance.
Mais si l’on regarde le chemin parcouru avant, on voit clairement que la chance est surtout une construction progressive.
La formule est simple, presque trop simple :
Succès = Préparation × Opportunité
Plus on se prépare, plus les opportunités deviennent visibles, accessibles, réalisables.
Plus on se prépare, moins on a besoin de la chance telle qu’on la conçoit habituellement.
Et si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que même le simple fait d’écrire ces lignes, de partager mes idées, mes convictions et mes conseils, peut être vu comme un acte de préparation. Écrire, c’est réfléchir, chercher, découvrir de nouveaux concepts, organiser sa pensée. C’est une façon de m’enrichir et de devenir plus prêt qu’hier.
Peut-être qu’en me prêtant à cet exercice, je suis tout simplement en train de devenir une meilleure version de moi-même, plus attentif, plus outillé et alerte
Et les opportunités, d’ailleurs, ressemblent aux taxis Uber, aux métros, aux trains… et même aux Tap Tap de mon pays d’origine, Haïti : ils passent chaque jour.
Alors, la vraie question n’est pas : serez-vous assez chanceux pour attraper la prochaine occasion ?
Ce qui compte réellement, c’est de croire en la préparation, de comprendre votre parcours professionnel et d’avoir confiance en vos actions.
Car au final, le succès n’est pas une question de chance. C’est la capacité d’être prêt lorsque la porte s’ouvre.



